NOS BESOINS FONDAMENTAUX

Nos actions son motivées par sept besoins fondamentaux qui découlent de notre nature humaine.
1. Besoin de sentir et d’exprimer notre existence et notre autonomie,  car personne ne peut vivre notre vie ou notre mort à notre place.
2. Besoin de sécurité, besoin d’espace, du respect, de liberté d’expression, de poursuivre notre inclination spontanée…
3. Besoin de variété, de stimulation physique, émotionnelle et intellectuelle.
4. Besoin de reliance à une famille, à une couple, à une société, à une nation.
5. Besoin d’auto-estime de soi, besoin de contribuer ou d’apporter quelque chose.
6. Besoin d’intimité, besoin de partager l’amour, de communiquer, d’échanger et de créer une interconnexion avec les autres.
7. Besoin de satisfaire la curiosité, besoin d’évolution, de changement d’activités, besoin de nouveaux horizons.

Nous ressentons ces besoins selon les circonstances de notre vie.
Cependant, comment pourrions-nous les combler si notre attention se focalise par exemple sur une perception de « manque » attachée à une sensation de « vide intérieur » ?  Une confusion est couramment entretenue entre les besoins fondamentaux de l’adulte et  les « besoins compulsifs ».
Cette confusion produit des situations d’une extrême complexité ainsi que des distorsions à la relation, aux autres et à soi-même. Les conflits internes et externes qui en résultent, rendent souvent impossible la satisfaction des besoins fondamentaux au profit d’une recherche chimérique ou spirituelle…     

LES BESOINS COMPULSIFS

Les besoins compulsifs décrits ici, correspondant à neuf croyances identitaires autour desquelles se construise la psychologie entière de l’adulte-enfant. Ce sont des « besoins compulsifs » basés sur la croyance principale de l’enfant : « je ne suis pas ce que je dois être ».

1. L’observateur du « moi » se focalise sur ces certitudes :
je suis incorrect (e), je suis imparfait (e), je suis pourri(e), je ne suis pas ce que je devrais être… Pour compenser ces idées, il crée les besoins compulsifs suivants :
Besoin stressant d’éviter l’incorrection et l’imperfection…
Besoin de perfection, de discipline, d’impeccabilité, de droiture…

Besoin de contrôler ses désirs et pulsions pour éviter l’incorrection…
Besoin d’être correctement fort et adulte.
Besoin de s’évaluer et de d’évaluer et de se juger pour éviter l’incorrection…
Besoin de prouver la supériorité de l’esprit sur le corps…
Besoin d’éthique, des idéaux moraux, de gérer sa destinée et celle des autres en imposant « la loi » et des règles perfectionnistes basées sur la vertu.
Besoin de s’améliorer, de se transformer, « d’être guidé (e) »  par une autorité parentale ou spirituelle vertueuse et perfectionniste.

2. L’observateur du « moi » se focalise sur ces certitudes :
je suis sans valeur, je ne vaux rien…
Pour compenser ces idées,
il crée les besoins compulsifs suivants :

Besoin d’éviter sa sensation de manquer de valeur.
Besoin d’être généreux(se), de plaire, d’aider, de combler les besoins des autres…
Besoin de séduire par toute cette activité et d’obtenir la reconnaissance, l’appréciation…
Besoin de séduire par une image charismatique, séduisante et sensuelle.
Besoin de briller, de rayonner, d’être admiré (e)… par l’aide apportée.
Besoin de se glorifier intérieurement pour sa générosité.
Besoin d’être flatté (e), aimé (e) et admiré (e)… pour sentir sa valeur. 

Besoin de combler les besoins des autres et d’être reconnu (e) par des services rendus, tout en négligeant ses propres besoins.
Besoin de se rendre indispensable.
Besoin de faire de demandes infantiles proportionnelles à « l’aide » apportée, pour se prouver sa valeur.

3. L’observateur du « moi » se focalise sur ces certitudes :
je ne suis pas capable de faire. Je ne peux pas sentir de l’empathie, car je suis affectivement et émotionnellement vide…
Pour compenser ces idées, il crée les besoins compulsifs suivantes :
Besoin d’utiliser les autres pour son approvisionnement narcissique.
Besoin de s’identifier à « une image » basée sur l’idée d’être quelqu’un de spécial, d’omniscient. 

Besoin de regarder son reflet dans tous les miroirs et dans les yeux des autres.
Besoin de réussite, du succès, même si cela implique de « faire semblant »…
Besoin d’accomplissements matériaux et sociaux pour agrandir son image.

Besoin de chercher la réussite sociale par tous les moyens.
Besoin d’être vu comme étant intelligent(e), fonctionnel (le) et expéditif (tive).
Besoin compulsif de grimper dans l’échelle sociale pour obtenir un statut.
Besoin de faire semblant à propos de compétences sociales, matérielles, spirituelles…

4. L’observateur du « moi » se focalise sur ces certitudes :
je suis nul(le) je suis inadéquat(e), je n’ai pas de la place, je suis abandonné(e), l’univers m’a abandonné(e).
Pour compenser ces idées, il crée les besoins compulsifs suivantes :
Besoin d’être adéquat et approprié.

Besoin d’obtenir une place dans le monde tout en croyant que ce manque est réel.
Besoin d’être quelqu’un de très spécial en adoptant une attitude mélancolique et/ou mélodramatique. 
Besoin de languir de mélancolie, de languir d’amour pour quelqu’un d’inatteignable, tout en s’auto-dénigrant…
Besoin de s’autodénigrer dans l’amour comme moyen de « s’élever ».
Besoin de souffrir pour les autres, d’introjecter leurs souffrances, leurs problèmes…
Besoin de tout analyser, de tirer de conclusions qui confirment sa détresse et confusion.

5. L’observateur du « moi » se focalise sur ces certitudes :
je n’existe pas. Les autres peuvent épuiser mon existence s’ils s’approchent trop ; je manque de consistance, je manque d’êtreté…
Pour compenser ces idées, il crée les besoins compulsifs suivants :
Besoin de s’isoler, de se retenir, de se sauvegarder…
Besoin de se protéger du regard des autres qui est ressenti comme menaçant.

Besoin de fuir l’intimité, car elle est interprétée comme une menace à son existence.
Besoin de s’éloigner, de se dissocier des autres…
Besoin de se cacher des autres tout en craignant leur rejet.

Besoin de maintenir  les autres à distance et de les observer.
Besoin de combler la sensation de vide en se remplissant de connaissances abstraites concernant les autres, le monde, l’existence, la mort, l’au-delà…

6. L’observateur de « moi » se focalise sur ces certitudes :
je suis seul(e) et séparé(e) dans un monde hostile, dans un monde menaçant, dans un monde qui me disqualifie, dans un monde imprévisible…
Pour compenser ces idées, il crée les besoins compulsifs suivantes :
Besoin de se rassurer en utilisant le contrôle, l’hyper vigilance, le scepticisme, le doute…
Besoin de contrôler les « intentions cachées des  autres » et de leur soupçonner…
Besoin d’anticiper le mensonge, la trahison, le complot…
Besoin de projeter sur les autres ses propres soupçons de trahison ou de danger.
Besoin de preuves de sécurité à partir de cadres de référence sécuritaires.
Besoin d’une orientation théorique et de raisonnements logiques pour se rassurer.
Besoin de chercher la sécurité en étant l’autorité et/ou en se reliant à une autorité d’apparence sécurisante soit-elle spirituelle ou autres. Besoin de se révolter contre l’autorité.
Besoin de se relier aux autres tout en ressentant une séparation et une solitude persistantes.

7. L’observateur du « moi » se focalise sur ces certitudes :
je suis incomplet(e), je suis insuffisant(e).
Pour compenser ces idées, il crée les besoins compulsifs suivants :
Besoin de se remplir de projets excitants et bouleversants pour ressentir de l’enthousiasme et l’excitation d’un futur fantasmé.

Besoin de gratification, en reportant les contraintes et les obligations et en privilégiant le plaisir…
Besoin de se goinfrer de tout ce qui semble « extraordinaire » et d’obtenir des connaissances idéalisées ou un savoir hors de commun, dans le but de se compléter.
Besoin d’idéalisme, le non-conventionnalisme et la rébellion, les idéologies et les activités révolutionnaires, de se sentir intellectuellement supérieur ou spécial.

Besoin de justifier ses conduites et ses rêves par le mécanisme de rationalisation.
Besoin de séduire les autres par la parole, par des histoires racontées, en montrant son savoir et en  évoquant des truismes, des clichés et des sophismes…

8. L’observateur du « moi » se focalise sur ces certitudes :
je suis impuissant (e) et démuni (e).
Pour compenser ces idées, il crée les besoins compulsifs suivants :
Besoin d’obtenir le pouvoir, de dominer par la compétition, par la gestion illusoire du monde en imposant sa propre vérité arbitraire et sa propre justice.

Besoin de nier les sentiments et d’éviter l’intimité et les sensations de vulnérabilité qui sont interprétées comme des faiblesses.
Besoin d’obtenir un plus haut niveau hiérarchique par l’acquisition matérielle, par le statut social, par la politique…
Besoin incessant d’excès, de stimulation sensorielle, du sexe, de luxure, du stress, de vitesse, d’épices, de musique intense et forte …
Besoin de vengeance, de s’exprimer en utilisant de cruels sarcasmes, l’ironie, l’humiliation, le sadisme, l’intimidation,  la colère…

9. L’observateur du « moi » se focalise sur ces certitudes :
je suis sans amour. Il n’y a pas d’amour… Ma mère ou mon père ne m’a pas aimé. L’amour est « localisé dans une personne » qui ne va jamais m’aimer…
Pour compenser ces idées, il crée les besoins compulsifs suivants :
Besoin de se sur-adapter aux autres pour obtenir de l’amour ; besoin de suivre les désirs de l’autre, de se soumettre.

Besoin de se faire utiliser au nom de l’amour et d’utiliser les autres au nom de l’amour.
Besoin de s’oublier soi-même, de s’anesthésier, de s’engourdir psycho-émotionnellement et d’endormir la colère ou sa passion pour la vie…
Besoin du confort psycho émotionnel pour se désensibiliser vis-à-vis du stress.
Besoin de suivre une autorité spirituelle dans le but d’obtenir un amour imaginé suprême.
Besoin d’oublier et de nier ce qui se passe et ce qui s’est passé…
Besoin d’avoir une appartenance familial comme moyen d’obtenir de l’amour et de le donner…
Besoin d’une forme de stabilité matérielle attachée à l’accumulation de souvenirs et des objets liés à la famille.
Besoin de se remplir de collections de toutes sortes y compris d’objets transitionnels comme des nounours, poupées…

Il est fondamental de démanteler les croyances associées à notre histoire pour se libérer des besoins compulsifs qui en découlent.

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